Salive, sueur, larmes.
La médecine chinoise range tous les liquides du corps, hors sang, sous un même terme.
Ce terme est 津液, prononcé jīn yè. Le lexique de l’Organisation mondiale de la santé le présente comme l’ensemble formé par une partie plus fluide, le jin (津), et une partie plus épaisse, le ye (液). Il précise que ces liquides, comme le sang, sont indispensables au maintien des activités de la vie.

Jin et ye, deux textures
La distinction tient surtout à la consistance. Le jin est clair et léger. Le ye est plus dense.
L’OMS en donne un exemple concret à propos des intestins. Le gros intestin est dit absorber les liquides fluides, le jin, tandis que l’intestin grêle absorbe les liquides épais, le ye, en séparant « le clair du trouble ».
Les organes qui gèrent l’eau
Pour la tradition, plusieurs organes se partagent la circulation des liquides. Le lexique de l’OMS en décrit les rôles.
- La rate transforme et transporte l’eau et les aliments, puis distribue ce qui en est tiré.
- Le poumon fait circuler l’eau en la diffusant et en la faisant descendre. Les textes l’appellent la « source haute de l’eau », parce qu’il est placé tout en haut.
- Les reins gouvernent l’eau et les liquides de l’ensemble du corps.
- La vessie stocke puis évacue l’urine, grâce à la transformation opérée par le qi des reins.
Le triple réchauffeur sert de voie de passage à l’eau et au qi, et les textes comparent sa partie basse, celle des reins et de la vessie, à un fossé bien dégagé.
Un liquide par organe
La tradition associe un liquide à chacun des cinq organes principaux. L’OMS les liste : la sueur pour le cœur, les sécrétions du nez pour le poumon, la salive fluide pour la rate, les larmes pour le foie et la salive épaisse pour les reins.
C’est l’un des nombreux jeux de correspondances de la médecine chinoise, au même titre que ceux des cinq éléments.

Trop sec, trop humide
Quand les liquides sont jugés insuffisants, la tradition parle de sécheresse. Quand ils sont jugés en excès ou mal transformés, elle parle d’humidité, une notion qui revient dans des tableaux comme l’humidité-chaleur.
Ces mots décrivent une lecture traditionnelle.
Une soif inhabituelle, des jambes qui gonflent ou une bouche très sèche qui dure méritent un avis médical. Les National Institutes of Health rappellent que la médecine chinoise ne doit pas remplacer une prise en charge classique.
