En médecine occidentale, on compte le pouls. En médecine chinoise, on le décrit.
La prise du pouls, mài zhěn (脉诊) en chinois, figure parmi les méthodes d’examen décrites par le lexique de l’OMS. Elle s’attache moins au nombre de battements qu’à leur qualité, perçue sous les doigts.

Trois doigts sur le poignet
La zone utilisée est le cùn kǒu (寸口), sur la face interne du poignet, là où l’artère radiale bat au niveau de la petite saillie osseuse du radius.
L’Organisation mondiale de la santé y place trois positions, cùn, guān et chǐ (寸关尺). Le majeur se pose sur guān, à hauteur de la saillie osseuse, puis l’index sur cùn, côté main, et l’annulaire sur chǐ, côté coude.
Chaque position se lit à trois profondeurs, en appuyant légèrement, moyennement puis fortement.
Le pouls jugé équilibré
Pour l’OMS, le pouls de référence compte quatre à cinq battements par cycle respiratoire. Il n’est ni trop en surface ni trop profond, et il reste souple, rythmé et ferme à la fois.
La tradition lui reconnaît trois qualités : le qi de l’estomac, l’esprit et la racine. Le lexique recommande aussi de sentir au moins cinquante battements avant de conclure.
Vingt-huit pouls
La tradition en décrit vingt-huit. Chacun porte un nom imagé :
- le pouls flottant (浮脉, fú mài) se sent dès que l’on effleure la peau
- le pouls profond (沉脉, chén mài) ne se perçoit qu’en appuyant fort
- le pouls glissant (滑脉, huá mài) roule sous les doigts comme des perles sur un plateau
- le pouls en corde (弦脉, xián mài) est tendu comme la corde d’un instrument
- le pouls fin (细脉, xì mài) ressemble à un fil de soie
Chaque type est rattaché à des tableaux énergétiques, et la tradition le croise avec le teint et les autres signes observés, comme l’aspect de la langue.

Un pouls qui change avec les saisons
L’OMS mentionne des variations jugées normales au fil de l’année.
Le pouls serait un peu tendu au printemps, ample en été, plus superficiel en automne et plus profond en hiver. On retrouve ici les correspondances des cinq éléments.
Les limites de l’exercice
Cette lecture appartient à la grille chinoise, et elle ne mesure ni la tension ni le rythme cardiaque au sens médical.
Des palpitations, un cœur qui bat de façon désordonnée, très vite ou très lentement ? C’est l’affaire d’un médecin, pour vous comme pour vos proches. Les National Institutes of Health rappellent que la médecine chinoise ne doit pas retarder une prise en charge classique.
