Le mot est le même qu’en français. Le sens, lui, est plus large.
En médecine chinoise, le sang se dit 血 (xuè), et le lexique de l’Organisation mondiale de la santé le définit comme le liquide rouge qui circule dans les vaisseaux pour humidifier et nourrir le corps. Jusque-là, rien d’étonnant. La différence apparaît quand on regarde le rôle que la tradition lui donne et les organes auxquels elle le rattache.

Trois organes autour du sang
La tradition chinoise répartit les rôles entre plusieurs organes, au sens des zang-fu.
- Le cœur gouverne le sang et les vaisseaux. L’OMS le décrit comme ce qui fait circuler le sang dans les vaisseaux.
- Le foie stocke le sang et en ajuste le volume.
- La rate le maintient dans les petits vaisseaux, selon la formule « la rate contient le sang ».
Les reins entrent aussi dans le tableau. Pour la tradition, le sang du foie et l’essence des reins, le jing, ont la même source et peuvent se transformer l’un en l’autre.
Le sang et le qi
Les deux vont ensemble dans presque tous les textes. Le lexique de l’OMS décrit le qi d’un organe comme sa force motrice et son sang comme sa base matérielle.
Autrement dit, l’un fait fonctionner, l’autre nourrit. La tradition les cite d’ailleurs souvent ensemble, par exemple dans l’expression « vide de qi et de sang ».
Ce que la tradition associe au sang
Le sang est censé nourrir ce qui se voit de l’extérieur. L’OMS reprend deux formules classiques à ce sujet : les cheveux sont « le surplus du sang », et les ongles sont nourris par le sang du foie. Le teint, enfin, est rattaché au cœur.
Quand le sang est jugé insuffisant, ce que la tradition rattache par exemple à des lèvres pâles ou à des ongles secs, la médecine chinoise parle de vide de sang. Quand il est jugé bloqué, elle parle de stase de sang.
Ce sont deux tableaux distincts.

Ne pas confondre avec une analyse de sang
Le « vide de sang » de la médecine chinoise ne correspond pas à une anémie, et le « sang » des textes anciens ne se mesure pas dans une prise de sang. Les deux vocabulaires parlent de choses différentes.
Une pâleur inhabituelle, une grande fatigue ou des règles très abondantes justifient un avis médical et, souvent, un bilan biologique. Les National Institutes of Health rappellent que la médecine chinoise ne doit pas retarder ce type de démarche.
Le sang n’est pas le seul liquide décrit par la tradition. La fiche sur les liquides organiques présente les autres.
