On le traduit souvent par « énergie ». C’est pratique, mais un peu trompeur.
Le qi, 气 en caractères chinois, prononcé qì, est défini par le lexique de l’Organisation mondiale de la santé comme une substance nutritive intangible et très mobile, qui entretient les activités de la vie.
Le mot désigne donc à la fois quelque chose qui circule et ce qui fait fonctionner le corps. C’est une nuance que le mot « énergie » rend mal, et c’est l’une des notions de base présentées dans notre rubrique concepts de la médecine chinoise.

D’où vient le qi
La tradition distingue deux origines. Le qi « du ciel antérieur » (先天之气, xiān tiān zhī qì) est transmis par les parents et conservé dans les reins, là où les textes placent aussi le jing, ou essence.
Le qi « du ciel postérieur » (后天之气, hòu tiān zhī qì) se forme après la naissance, à partir des aliments, des boissons et de l’air que l’on respire.
Ces deux sources se combinent.
L’OMS parle de « vrai qi » (真气, zhēn qì) pour désigner l’ensemble. Le lien entre ce que l’on mange et le qi explique la place de la digestion dans la tradition, un sujet développé dans l’article sur digestion et énergie selon la MTC.
Les formes du qi
Les textes classiques donnent au qi plusieurs noms selon l’endroit où il se trouve et ce qu’il fait. Quatre reviennent souvent.
- Le yuan qi (元气, yuán qì), ou qi originel, enraciné dans les reins.
- Le zong qi (宗气, zōng qì), qui s’accumule dans la poitrine et associe l’air inspiré au qi tiré des aliments.
- Le ying qi (营气, yíng qì), ou qi nourricier, qui circule dans les vaisseaux.
- Le wei qi (卫气, wèi qì), ou qi défensif, qui circule à l’extérieur des vaisseaux.
Chaque organe possède aussi son propre qi. Les textes parlent ainsi de qi du cœur, de qi du poumon ou de qi de la rate, en lien avec les zang-fu.
Le qi ne travaille jamais seul. La tradition le décrit avec le sang et les liquides organiques, un ensemble que résume l’article sur les substances vitales.
Monter, descendre, sortir, entrer
Le qi n’est jamais immobile, selon la tradition.
Le lexique de l’OMS classe ses mouvements en quatre formes de base : il monte, il descend, il sort et il entre. Le terme chinois 气机 (qì jī) désigne cette mécanique.
Chaque organe a sa direction. Le qi de la rate est dit monter, celui de l’estomac descendre. Pour suivre ces trajets, voyez l’article sur la circulation du qi dans le corps, puis la rubrique méridiens.
Quand le mouvement se bloque ou s’inverse, la médecine chinoise y voit un déséquilibre. On le retrouve dans des tableaux comme la stagnation du qi du foie.
À l’inverse, un qi jugé insuffisant correspond au vide de qi, l’un des tableaux les plus cités. La tradition le décline par organe, avec le vide de qi de la rate ou celui du poumon.

Le qi dans les pratiques douces
Le qi gong porte le mot dans son nom. Il associe mouvements lents, posture et respiration, dans une logique de détente et de bien-être.
Si le sujet vous intéresse, l’article sur les habitudes que la tradition associe au qi donne des pistes simples, sans rien promettre.
Le qi et la science
Aucun instrument ne mesure le qi. C’est une notion propre à la tradition, que l’Encyclopaedia Britannica rattache à la fois à la philosophie, à la médecine et à la religion chinoises.
Les National Institutes of Health notent de leur côté que la recherche sur les pratiques de médecine chinoise donne des résultats inégaux.
Une fatigue qui dure, un essoufflement inhabituel ou une gêne qui revient ne sont pas « un manque de qi » à régler seul. Ce sont des raisons de consulter un médecin, et le 15 ou le 112 en cas d’urgence.
Pour aller plus loin, notre article de fond sur le qi reprend ces notions avec plus d’exemples. La fiche sur le yin-yang montre comment le qi s’inscrit dans l’autre grande grille de la tradition.
