Cet article a une vocation informative et s’inscrit dans une démarche de bien-être. Il ne remplace pas un avis médical.
Dans la pharmacopée chinoise, peu de plantes savent faire deux choses opposées à la fois : nourrir le sang ET le faire circuler. La plupart font l’un ou l’autre. Ji Xue Teng, la « liane au sang de poulet », est l’une de ces rares exceptions, et c’est ce qui en fait une alliée précieuse, douce et polyvalente.
Son nom imagé vient de sa sève rouge, qui rappelle du sang quand on coupe la tige. De saveur amère et douce, de nature tiède, elle « nourrit le sang et active la circulation » tout en « assouplissant les méridiens et les tendons ». Concrètement, elle soutient un sang appauvri tout en le remettant en mouvement, ce qui aide à la fois les terrains fatigués et « engourdis », les cycles irréguliers et certaines douleurs articulaires. Une plante d’équilibre, bien tolérée, qui « répare et relance » en douceur.
📋 Ce qu’il faut retenir : Pour moi, Ji Xue Teng est la plante « deux-en-un » du sang : elle le nourrit et le fait circuler en même temps, en douceur. Elle aide les terrains au sang « pauvre et stagnant » : engourdissements et fourmillements des membres, circulation paresseuse, cycles irréguliers ou douloureux, douleurs articulaires de stase. Elle « assouplit » aussi tendons et méridiens. Plante plutôt douce et bien tolérée. Réserve principale : prudence en grossesse, car elle mobilise le sang. Usage en formule, avec un praticien.
Qu’est-ce que le Ji Xue Teng
Ji Xue Teng est la tige (la liane ligneuse) d’une plante grimpante d’Asie, dont on utilise les tranches séchées. Son nom, « liane au sang de poulet », vient de la résine rouge qui suinte quand on la coupe, évoquant du sang : la tradition y a vu la signature de son affinité avec le sang. De saveur amère et douce, de nature tiède, elle « entre » dans le Foie et le Rein. Cette double saveur explique sa double action : le « doux » nourrit, l’« amer » et la tiédeur font circuler. C’est cette rare capacité à faire les deux qui la rend si appréciée et si polyvalente.

Son action sur le sang et la circulation
La force de Ji Xue Teng, c’est de réconcilier deux besoins souvent opposés. Beaucoup de personnes ont un sang à la fois « pauvre » (vide) et « stagnant » : il manque, et le peu qu’il y a circule mal. Les plantes qui nourrissent risquent d’« épaissir », celles qui font circuler risquent d’« épuiser ». Ji Xue Teng, elle, nourrit et mobilise en même temps, sans déséquilibrer. Résultat : elle « réveille » une circulation paresseuse, soulage les engourdissements et fourmillements des membres (les extrémités « mal irriguées »), et soutient les terrains fatigués. C’est une plante de la « bonne circulation nourrie », douce et équilibrée.
🌍 Le saviez-vous ?
La « théorie des signatures », selon laquelle l’aspect d’une plante révèle ses vertus, a guidé bien des médecines anciennes. Ji Xue Teng en est un exemple frappant : sa sève rouge « comme du sang » a été reliée à son action sur le sang. Si la science ne valide pas cette théorie comme méthode, force est de constater que, pour cette plante, l’intuition visuelle et l’usage ont fini par se rejoindre.
Pourquoi elle aide articulations et tendons
En MTC, « le sang nourrit les tendons » et « là où le sang circule mal, ça raidit et ça fait mal ». Ji Xue Teng agit doublement sur ce terrain : en nourrissant le sang qui « alimente » les tendons, et en relançant la circulation pour « débloquer » les zones engourdies ou douloureuses. On l’emploie ainsi pour les raideurs, les engourdissements, certaines douleurs articulaires « de stase et de vide », et les membres qui « s’endorment » faute d’irrigation. Sa douceur la rend adaptée aux terrains affaiblis, là où des plantes qui « bougent le sang » plus fort seraient trop dispersantes. C’est une plante de « souplesse retrouvée », sans brusquerie.

| Critère | Ji Xue Teng | Bon à savoir |
|---|---|---|
| Nature | Amère, douce, tiède | Nourrit ET active le sang |
| Cible | Engourdissements, cycle, tendons | Sang « pauvre et stagnant » |
| Précaution | Prudence en grossesse | Mobilise le sang |
Voyons ses atouts et ses limites.
🍀 Atouts
- Nourrit et fait circuler le sang à la fois
- Soulage engourdissements et raideurs
- Douce, bien tolérée, équilibrée
🔻 Précautions
- Prudence pendant la grossesse
- Action progressive (plante de fond)
- Usage en formule, avec un praticien
Ses principales associations
Ji Xue Teng s’emploie en décoction, dans des formules adaptées. Pour le cycle féminin, on l’associe à des plantes du sang comme Bai Shao ou Dang Gui. Pour les engourdissements et les articulations, à des plantes qui activent le sang ou dissipent le vent-humidité. Pour les terrains fatigués, à des toniques du Qi et du sang. Sa douceur en fait une plante « facile à marier », qui équilibre des formules plus actives. C’est typiquement la plante qu’on ajoute pour « nourrir tout en faisant circuler », un rôle subtil mais précieux que peu de plantes peuvent tenir.
📍 Retour d’expérience : Ce qui me plaît dans Ji Xue Teng, c’est sa philosophie du « et » plutôt que du « ou ». En santé, on oppose souvent : reconstruire ou mobiliser, nourrir ou drainer. Cette plante rappelle qu’on peut faire les deux à la fois, en douceur. Un praticien me l’a présentée comme « la plante des gens fatigués qui ont aussi besoin de bouger leur sang ». J’ai trouvé ça très juste, et applicable bien au-delà des plantes : parfois, il faut nourrir ET remettre en mouvement, sans choisir.
⚠️ Le piège classique
Considérer Ji Xue Teng comme totalement anodine parce qu’elle est douce. Elle « mobilise » quand même le sang, donc on l’emploie avec prudence pendant la grossesse, comme les autres plantes qui activent la circulation. Autre erreur : en attendre un effet immédiat. C’est une plante de fond, qui nourrit et relance progressivement, sur plusieurs semaines. La douceur n’exclut ni les précautions ni la patience.
Pour soutenir le terrain féminin en mouvement, le qigong pour les femmes complète bien. Sa partenaire pour nourrir le sang, Bai Shao, se marie avec elle. Et après l’accouchement, la diététique post-partum aide à reconstruire le sang et le Qi.
Questions fréquentes
Ji Xue Teng nourrit-il ou fait-il circuler le sang ?
Les deux, et c’est sa particularité. Là où la plupart des plantes font l’un ou l’autre, Ji Xue Teng nourrit le sang tout en le faisant circuler, en douceur. C’est pour ça qu’elle convient si bien aux terrains au sang « pauvre et stagnant » : engourdissements, circulation paresseuse, cycles irréguliers, raideurs articulaires.
Aide-t-il les engourdissements et fourmillements ?
Oui, c’est l’un de ses usages : en nourrissant et en faisant circuler le sang, il « réveille » les membres mal irrigués, soulageant engourdissements et fourmillements liés à une circulation paresseuse. Des engourdissements persistants peuvent aussi avoir une cause médicale (nerveuse, circulatoire) : un avis est utile s’ils sont marqués.
Peut-on l’utiliser enceinte ?
Par prudence, on l’évite ou on l’encadre strictement pendant la grossesse, car elle mobilise le sang, comme les autres plantes qui activent la circulation. Même douce, elle n’échappe pas à cette précaution. Pendant la grossesse, on ne prend aucune plante sans l’avis des professionnels qui assurent le suivi.
Nourrir ET remettre en mouvement, sans choisir : la sagesse du « et » plutôt que du « ou ».




